Les relations Québec-Israël

Les relations entre le Québec et Israël remontent à 1949 avec l’ouverture à Montréal de la première mission diplomatique israélienne au Canada.

En 1961, lors de la première visite officielle d’un Premier ministre israélien, David Ben Gourion, père de l’État d’Israël, visite l’Assemblée nationale et rencontre le Premier ministre Jean Lesage, père de la Révolution tranquille. A Montréal il rencontre le maire Jean Drapeau et raconte, au Monument national, l’histoire de la fondation d’Israël.

Depuis, les relations Québec-Israël se développent au gré des visites fréquentes et réciproques d’élus québécois et israéliens, d’échanges culturels et de partenariats commerciaux et scientifiques.

Coopération Québec-Israël

Les relations entre le Québec et Israël connaitront un premier grand essor dans la foulée de la ratification de l’Accord de libre-échange canado-israélien en 1996. En 1997 à Jérusalem, le ministre des Relations internationales du Québec Sylvain Simard signe le premier Accord de coopération scientifique, culturelle et éducative entre les gouvernements du Québec et d’Israël.

En 2007, les relations bilatérales entre le Québec et Israël reçoivent un nouvel élan alors que la ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, madame Monique Gagnon-Tremblay, et le Consul général de l’État d’Israël, monsieur Yoram Elron, signent à l’Assemblée nationale, l’Entente de coopération entre le gouvernement du Québec et le gouvernement de l’État d’Israël ». Cette entente renouvelle l’accord de 1997 et l’élargit aux domaines de la santé, de l’économie et du commerce.

En 2008, le ministre du Développement économique du Québec, Raymond Bachand, mène une délégation commerciale et scientifique d’une envergure sans précédent en Israël. A cette occasion, le ministre Bachand ratifiera une entente de collaboration économique et technologique avec Israël. « Israël est une référence en matière de R-D. En 2007, il occupait le premier rang mondial en matière de dépenses nationales en recherche et en développement. Le Québec doit non seulement maintenir, mais également accroître ses relations et ses collaborations avec ce pays dont les expertises sont variées et étonnantes », avait déclaré le ministre.

Année faste pour les relations entre le Québec et Israël, c’est en 2008 aussi, à l’occasion du 60e anniversaire de l’État juif, que l’Assemblée nationale adoptera une motion unanime célébrant cet anniversaire du « retour du peuple juif au sein du concert des nations (…) et les relations privilégiées entretenues par les gouvernements québécois et israélien ». De plus, les élus du Québec affirmèrent le “le soutien indéfectible des Québécoises et des Québécois aux efforts de paix du gouvernement d’Israël et de l’Autorité Palestinienne ainsi qu’à la création future d’un État palestinien démocratique en paix avec son voisin israélien”.

En 2011, alors que Québec Solidaire appuyait la campagne de boycottage d’une boutique de chaussures parce qu’elle vendait des produits israéliens, 124 des 125 députés de l’Assemblée nationale (Amir Khadir de Québec Solidaire étant l’unique exception) ont soutenu une motion réitérant leur soutien à l’Entente de coopération avec Israël.

En 2016, le Premier ministre Philippe Couillard ait choisi l’occasion de la réception annuelle de CIJA-Québec  à l’Assemblée nationale en novembre 2016 pour annoncer son intention de se rendre prochainement en Israël pour promouvoir les échanges commerciaux et la coopération scientifique entre le Québec et Israël. Fort de son expertise en matière de missions économiques en Israël,  CIJA-Québec a été invité à siéger au comité consultatif de planification de la mission économique du Premier ministre.

A la suite de plusieurs mois de préparation, CIJA-Québec s’est joint à la mission économique du Premier ministre en Israël  du 20 au 25 mai derniers. Outre la Ministre de l’Économie, de la Science
et de l’Innovation Dominique Anglade et le député pour D’Arcy-McGee David Birnbaum, la délégation était composée d’une centaine d’entrepreneurs et de dirigeants universitaires. Les principaux secteurs économiques représentées étaient les sciences de la vie, les technologies médicales, de l’information et du numérique, ainsi que l’industrie aérospatiale.

L’entretien entre les Premiers ministres Couillard et Netanyahou à Jérusalem fut certainement l’un des faits saillants les plus significatifs de la mission. Non seulement cette rencontre au sommet traduit-elle la valeur qu’attache Israël à sa relation avec le Québec, mais elle a accouché d’une des plus importantes retombées du voyage, à savoir le projet d’un partenariat sur l’intelligence artificielle et les mégadonnées, deux secteurs économiques névralgiques au Québec et en Israël.

Parmi les autres retombées prometteuses, il convient de souligner l’entente de coopération bilatérale entre le gouvernement du Québec et l’Autorité israélienne de l’Innovation, le partenariat en cybersécurité  entre Hydo-Québec et la Corporation électrique israélienne et l’annonce du Premier ministre Couillard de plans pour ouvrir un bureau commercial du Québec en Israël. De même, l’importante couverture médiatique accordée la mission aura exposé des milliers de Québécois à des facettes méconnues d’Israël et aux bénéfices mutuels qui découlent de la relation Québec-Israël.

Universités

Les ententes bilatérales entre les gouvernements du Québec et d’Israël ont eu des retombées considérable dans le domaine universitaire. A la suite de plusieurs délégations universitaires en Israël, plusieurs accords de coopération et de partenariat ont été conclus entre les établissements d’études supérieures québécois et leurs contreparties israéliennes.

  • L’Université de Montréal compte des ententes avec l’Université hébraïque de Jérusalem, l’Université de Tel Aviv, l’Institute of Technology (Technion) de Haïfa et l’Université de Haïfa.
  • L’École des Hautes Études commerciales bénéficie d’une entente avec l’Université hébraïque de Jérusalem et l’École Polytechnique de Montréal d’un accord avec l’Institute of Technology (Technion) de Haïfa.
  • L’Université Concordia dispose d’ententes avec l’Université Ben Gourion, l’Institute of Technology (Technion) de Haïfa, l’Académie Betzalel des Arts et du Design et l’Université de Tel Aviv.
  • L’Université McGill jouit d’ententes avec l’Institut Weizmann de recherche scientifique sur le cancer, l’Université Sackler à Tel-Aviv, l’Université Bar-Ilan, l’Université hébraïque de Jérusalem, l’Université de Tel Aviv et l’Institute of Technology (Technion) de Haïfa.

Ville de Montréal

Les relations israélo-québécoises évoluent aussi à l’échelle municipale. En 2012, le maire de Montréal Gérald Tremblay a dirigé une mission économique en Israël qui a donné lieu à la ratification d’un protocole d’entente entre la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et la Fédération des chambres de commerce israéliennes. Selon le président de la CCMM, Michel Leblanc, « Israël offre d’immenses occasions d’affaires à nos entreprises et nos institutions d’éducation et de recherche, que ce soit pour trouver des partenaires de recherches, des investisseurs visionnaires, des clients pour des inventions ou de nouvelles idées à développer ici, chez nous ».

En 2011, le conseil municipal de Montréal déplora la campagne de boycott soutenue par Québec Solidaire et proclamera « son soutien à l’Entente de coopération entre le gouvernement du Québec et le gouvernement de l’État d’Israël, laquelle a été signée en 1997 et renouvelée en 2007 ».

Le 25 juin 2015, le maire de Montréal, M. Denis Coderre, a dévoilé la traduction en hébreu de la Charte montréalaise des droits et responsabilités. La traduction avait été offerte par  l’Université McGill avec le soutien de l’Université de Tel Aviv.

En novembre 2016, le maire Coderre a entrepris une mission commerciale en Israël à laquelle CIJA-Québec a participé. La mission explora les opportunités d’affaires et de partenariat entre Montréal et les entreprises israéliennes de cyber-technologie ainsi que les établissements d’enseignement supérieur. Au cours de sa visite, le maire Coderre avait rencontré le maire de Beer Sheva, M. Ruvik Danilovich, qui a signé la Déclaration de Montréal sur le Vivre ensemble, un engagement formel pris par plusieurs villes du monde afin de promouvoir la cohésion sociale et la tolérance. Ville exemplaire en termes de coexistence pacifique et de coopération entre ses populations juive et arabe, Beer Sheva s’est jointe à l’Observatoire international des maires sur le Vivre ensemble et l’initiative de diplomatie urbaine du maire Coderre, jetant les bases d’une future coopération entre Montréal et Beer Sheva sur les pratiques exemplaires en matière d’intégration sociale 

Le modèle économique israélien dans les médias québécois

L’intérêt québécois pour le modèle israélien a fait l’objet de plusieurs grands reportages dans la presse québécoise. En 2008, le journal Les Affaires consacrera un grand dossier à l’innovation israélienne intitulé « Le miracle israélien ». Le ministre Bachand y affirmait que “les similitudes entre les économies québécoise et israélienne sont frappantes. Cela fait d’Israël un partenaire de choix pour nos entreprises et nos organismes de recherche “.

Le 20 juin 2016, le maire de Montréal, M. Denis Coderre, a annoncé qu’il dirigerait une mission économique en Israël du 12 au 16 novembre 2016.

En 2010, c’est le quotidien La Presse qui consacrera modèle d’innovation israélien une série d’articles intitulée « La machine à inventer ». Le journaliste Philippe Mercure y notait que “ le milieu de l’innovation québécois a les yeux rivés sur Israël, un territoire qui compte une population et un PIB similaires à ceux de la province, mais qui innove beaucoup plus”.

En 2015, la revue Québec Science publie un dossier intitulé « La terre promise pour l’innovation » qui atteste de l’intérêt durable du Québec pour l’économie du savoir israélienne. La journaliste Dominique Forget y présente le modèle israélien comme une source d’inspiration pour monde entrepreneurial québécois et note qu’ « avec seulement 8 millions d’habitants (une population équivalente à celle du Québec), ses 67 ans tout juste (sa déclaration d’indépendance date de 1948) et son territoire entouré de pays hostiles, Israël n’en est pas moins reconnu comme une véritable terre de miracle technologique. »

Échanges culturels

Les relations israélo-québécoises ne sauraient, toutefois, se réduire aux seuls domaines commerciaux et scientifiques. Les échanges culturels définissent aussi les relations entre les deux sociétés.

En fait, sur le plan culturel, le Québec et Israël présentent de nombreuses similitudes. Attachés à leur identité et conscient de leur statut minoritaire dans leurs environnements respectifs, le Québec et Israël se caractérisent par une effervescence culturelle qui a simultanément commencé à déborder de leurs frontières respectives. En témoignent, notamment, les cinémas québécois et israélien qui s’imposent de plus en plus dans les grands festivals internationaux.

De même, la passion pour la danse moderne unit les publics israélien et québécois.

En 2009, les Grands Ballets Canadiens de Montréal se sont produits à Tel Aviv dans le cadre des célébrations du centenaire de la métropole culturelle israélienne. La synergie créative des Grands Ballets Canadiens avec Israël ne date toutefois pas d’hier. En 2002, le grand chorégraphe israélien Ohad Naharin avait crée pour eux Minus One.

Au Québec, il existe un engouement réciproque pour la danse moderne israélienne. La troupe de danse israélienne Batsheva, par exemple, est acclamée depuis des années par la critique et le public québécois.

Depuis 2012, le Cirque du Soleil connait un succès retentissant en Israël. La demande du public avait été si forte pour Alegria que le Cirque avait dû ajouter 10 représentations. Au total, 100 000 Israéliens avaient assisté à cette première prestation du Cirque du Soleil en Israël.

Dans le domaine de la musique, les producteurs et DJ de musique house et techno israéliens sont parmi les plus prisés au festival LGBTQ Divers/Cité. L’Israélien Yoav Talmi a dirigé l’Orchestre Symphonique de Québec pendant de 1998 à 2008. Et en 2014, le directeur musical de l’Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano, a dirigé l’Orchestre philharmonique d’Israël à Massada.

Dans le domaine des arts visuels, Israël a été l’invité d’honneur du festival montréalais Art souterrain sur le thème de la sécurité en 2015. Les Israéliennes Merav Svirsky, Inbal Hoffman et Maya Landmans, ont exposé au Centre de commerce mondial de Montréal. Cette même année, le Musée d’art contemporain de Montréal a exposé sur l’esplanade de la Place des Arts Shelter de Sigalit Landau, une reproduction en bronze d’un abri anti-bombes israélien comme on en retrouve dans la plupart des résidences israéliennes.

Les échanges culturels ne se limitent pas à Montréal et à Québec. En 2015, par exemple, les architectes israéliens Roy Talmon et Noa Brian étaient les invités du Festival international de jardins aux Jardins de Métis, en Gaspésie.

La promotion des échanges culturels entre le Québec et Israël est au cœur des efforts de CIJA-Québec pour promouvoir une meilleure compréhension mutuelle entre ces deux sociétés qui partagent tant de caractéristiques culturelles.

© Copyright 2015 CIJA. Tous droits réservés.
Politique