Pourquoi la demande de reconnaissance de l’Autorité palestinienne à l’ONU est un revers pour la paix

palbidfr

Aperçu

Au mois de septembre prochain, l’Autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas entend obtenir une résolution à l’ONU sur la reconnaissance d’un État palestinien.

Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes soumet les informations suivantes à votre réflexion et pour votre usage. En résumé, nous avons souligné ci-dessous les points essentiels à la compréhension du danger et du revers pour la paix inhérents à la démarche actuelle de l’Autorité palestinienne :

• Elle évite les négociations directes.
• Elle viole des accords internationaux.
• Elle mine dangereusement le processus de paix en essayant d’obtenir un État sans accord de paix.

Points à considérer

1) Un État palestinien est entièrement compatible avec les pressantes préoccupations sécuritaires d’Israël à condition que les aspirations des deux parties demeurent unifiées en tant qu’éléments fondamentaux d’un accord de paix.

  • La Résolution 242 du Conseil de sécurité (1967) est le seul cadre accepté internationalement pour la réalisation de la paix dans la région. Elle offre une voie claire vers la paix et un État palestinien. Conformément à la Résolution 242, le retrait israélien de territoires (tels que la Cisjordanie) est subordonné à l’adhésion de la part des dirigeants palestiniens et arabes à une pleine reconnaissance d’Israël, à des garanties de sécurité et à une paix durable.
  • Depuis plus de quatre décennies, le gouvernement du Canada appuie la résolution 242 du Conseil de sécurité, ainsi que le droit international à cet égard, et confirme le principe selon lequel un État palestinien et une paix véritable ne peuvent être détachés l’un de l’autre.

2) Le leadership palestinien utilise l’ONU pour dissimuler son viol de traités internationaux qui exigent des négociations directes entre les deux parties.

  • Réaffirmant la Résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU, la Résolution 338 du même Conseil (1973) appelle à des négociations directes entre les deux parties comme unique solution au conflit.
  • Israël et l’Autorité palestinienne (l’OLP, à l’époque) ont accepté de soutenir cette démarche en signant les Accords d’Oslo en 1993, alors que les deux parties déclaraient leur soutien à une résolution pacifique du conflit par la voie exclusive de négociations directes en vertu des Résolutions 242 et 338.
  • Tout effort de la part du leadership palestinien pour obtenir un État sans négocier la paix est en violation avec des accords internationaux ratifiés. Seuls des négociations directes et un accord de paix global entre les deux parties peuvent réaliser l’objectif de deux États pour deux peuples.

3) La démarche actuelle du leadership palestinien vise à créer un État sans paix avec Israël; à ce titre, cette démarche garantit la permanence du conflit.

  • En principe, la création d’un État palestinien en l’absence de paix contreviendrait non seulement au droit international, mais réduirait à néant toute motivation chez les dirigeants palestiniens à négocier un accord de paix, ce qui condamnerait les futures générations d’enfants israéliens et palestiniens à vivre de nouvelles violences.
  • En pratique, même si l’actuelle demande de reconnaissance était entérinée à l’ONU, un État palestinien ne parviendrait pas à être établi en l’absence d’un accord de paix final. C’est pourquoi de nombreux analystes prédisent un regain de violence palestinienne cet automne, étant donné l’incitation orchestrée par l’Autorité palestinienne et les espoirs déçus à la suite du vote à l’ONU.
  • En outre, le Hamas et ses violents affiliés à Gaza ont profité de l’instabilité dans le monde arabe pour tenter de miner l’Autorité palestinienne dirigée par le Fatah et sa demande de reconnaissance à l’ONU. Les attentats de la mi-août qui ont coûté la vie à neuf Israéliens et en ont blessé des dizaines d’autres, rappellent cruellement qu’une grande partie du leadership palestinien demeure dévouée à la destruction d’Israël et à l’assassinat de ses civils. Ces attentats sont survenus seulement quelques mois après la ratification d’un accord d’ « unité » du Fatah avec le Hamas.
  • Si les dirigeants palestiniens modérés refusent de sévir contre les extrémistes et de reprendre des négociations directes avec Israël comme la seule voie vers un État, il y a peu d’espoir que le Hamas et leurs affiliés cessent leur campagne de violence contre les Israéliens. Le peuple palestinien mérite des dirigeants qui feront la paix et construiront un État prospère et non pas deux factions dévouées à la guerre perpétuelle avec Israël.

4) On ne peut pas déclarer unilatéralement la paix. L’Autorité palestinienne doit reprendre immédiatement des négociations directes avec Israël en vue d’un accord de paix qui constituera le fondement d’un État palestinien.

  • Israël a pris de grands risques pour la cause de la paix en signant des accords avec l’Égypte en 1979 et la Jordanie en 1994. Dans les deux cas, Israël a donné des terres pour la paix, notamment lorsqu’Israël a remis l’ensemble de la péninsule du Sinaï à l’Égypte – un territoire 3 fois plus grand qu’Israël.
  • En 2000, Israël a proposé un État palestinien sur l’ensemble de la bande de Gaza et 95% de la Cisjordanie (moyennant des échanges de terres en compensation) et une souveraineté partagée sur Jérusalem. Le leadership palestinien a refusé, n’a soumis aucune contre-proposition et a incité une vague d’attentats-suicides qui a tué plus de 1000 Israéliens. En 2008, Israël a offert une proposition d’État semblable aux Palestiniens dans le cadre de pourparlers au plus haut niveau et à huis-clos. Les Palestiniens l’ont rejetée.
  • Israël a déclaré à maintes reprises qu’il est prêt à négocier sans conditions préalables, dans le but exprès de créer un État palestinien indépendant vivant en paix aux côtés d’Israël.
  • L’Autorité palestinienne a refusé d’entamer des pourparlers directs depuis l’automne 2010, abandonnant de facto les négociations de paix.
  • Aujourd’hui, le Canada (y compris le gouvernement et l’opposition), les États-Unis et un certain nombre de pays européens (Allemagne, Italie et Pays-Bas – parmi d’autres), s’opposent à la démarche de M. Abbas à l’ONU parce qu’elle nuit à la cause de la paix et d’un État palestinien. Comme Barak Obama l’a observé dans son discours  du 19 mai dernier «Des actions symboliques pour isoler Israël aux Nations unies en septembre ne créeront pas un État indépendant. »
© Copyright 2015 CIJA. Tous droits réservés.
Politique